14/04/2006

LETTRE A MA MERE...

Maman,

 

Cela fait tellement longtemps que je ne t’ai plus appelée comme cela. Car pour nous tous, tes enfants, petits enfants, amis et nos amis tu es « notre Mam ».

 

Mais voila, il y a des passages dans la vie qui font que parfois, on revient aux mots tendres de notre enfance. Et ce soir, j ai tellement envie de revenir en arrière, j’aimerais tant être encore cette gamine de 5 ans qui dormait dans tes bras. Me glisser dans ton lit le matin et te prendre le cou sous mon petit bras. Ho oui, je m’en souviens comme si c’était hier.

 

Tu te souviens peut-être de ces boites de boutons qui étaient bien rangées et dont je faisais commerce sur le dossier du divan ?? Ho la la, et puis, les beaux jours d’avril à déposer sur la table de la salle à manger nos vêtements pour enfin les mettre dans les valises et partir quinze jours en congé, à la côte, nos vacances de Paques… Et rentrer sur Bruxelles, où les cerisiers japonais sont en fleurs et ranger dans les armoires, les babeluttes, les sucres d orge, les fleurs en papier et les coquillages et pendre sur la terrasse les poissons secs…

Tu ne peux pas savoir les souvenirs que cela me laisse. Lorsque je respire la mer, je suis petite, si petite et toi, tu es tout le bonheur que tu m’as donné.

 

Et puis nos luttes ou jamais tu ne m’as abandonnée, mes crises et mes révoltes, mes envies d’indépendance, de liberté. Et même si parfois, des colères éclataient, le lendemain, tu étais présente et rassurante, aimante et tendre. Si je suis...aujourd’hui...c’est grâce à toi...

 

Ho maman, quel bonheur j’ai eu à partir seule avec toi en Espagne, Notre premier hôtel au pied des montagnes qui nous a donne la joie des rencontres et des rivières glacées.

Et puis, je sais que je vais trop vite, mais la naissance de Gaétan et te voir prendre mon enfant dans tes bras, c était vraiment du bonheur pur. Et puis, papa me manque aussi, j’aurais été tellement fière de lui présenter mes enfants et le voir rire avec eux…

 

Tu sais, malgré ma séparation d’avec mon mari, je veux te dire que j’ai été vraiment heureuse et que je ne regrette rien de ce que j’ai vécu avec lui. Et puis, la vie continue et je l’aimerai toujours, malgré tout. Et nos enfants, venus de notre amour sont tellement magnifiques. C’est un cadeau, un dont du ciel, un combat de tous les jours mais tellement abouti.

 

Voila quelques petits mots, pour te dire toute la tendresse que je te porte, pour te remercier d’avoir été toujours là et de l’être encore.

Pour te dire aussi que pour moi, comme pour toi, la famille est importante et que, si tu le veux bien, je reprends le flambeau de la réunion, la rassembleuse en quelque sorte pour ne rien perdre de notre passé et toujours entretenir le souvenir...

 

Je t’aime, mais ça, je sais que tu le sais...

 

DOU si doux ce mots dans ta bouche...

08/04/2006

Viol incontrôlé...

J’arrivais…mon œil un peu déplacé …car l’inflexion de mon corps ne permettait plus d’y intégrer la balance exacte de l’amour…

Alors, j’arrivais…avec mon œil inquiétant, tout dards dehors pour me protéger de sa beauté. J’arrivais ainsi…pour dans les moindres replis, déposer des mots d’amour…

Mais le bout de mes doigts acérés ne parvenait pourtant pas à la dompter.

Simplement, je voulais la pénétrer, de mes regards, de mes doigts aiguisés mais ses mots eurent raison de moi…

Alors doucement, sans bruit, j’ai retiré l’épée qui dardait mes sentiments et je l’ai soumise violemment au corps à corps que je redoutais tant.

Je l’ai prise, sans sentiments, pour ne pas me blesser, je l’ai prise... pour apaiser mes tourments.

 

Demain, nous sommes demain... et sur mes cotés se repose une femme tuée…

Elle est ce que j’ai aimé mais ses refus m’ont métamorphosé.

Je ne garderai d’elle que les expirations d’un ange qui meurt d’avoir été violé.

Je suis désolé...

DOU

31/03/2006

DECHEANCE D’AMOUR...

Là-bas, dans ton désert de solitude, tu es noyé dans ton échec, tu es perdu dans tes regrets.

Tu survis sans doute par tes rêves et vis par habitude aux rythmes inconstants de tes secrets.

 

Et défilent alors des heures indolentes où dans la profondeur de tes délires, tout s’estompe. Des soupirs encore résonnent, ceux d’un homme las, le cœur en attente.

 

Je te vois, ton regard s’étire sur mon portrait déchiré. Tes yeux transpirent ta peine et tes mains condamnées à ne plus me toucher exhortent ton visage d’ébène.

 

Je sais, nos corps sont lacérés à force de trop d’absence, nos amours perturbées par manque de confiance. Pourquoi vivre si ce n’est pour aimer ? Mais d’où vient ce bonheur impossible à garder ?

 

Et ce mensonge qui prolonge nos pensées

Et cet espoir qu’il est vain de garder

Et tout ces mots qui entraînent la mort

Et ce silence que l’on dit être d’or

 

Comprendrons-nous jamais ?? Pourtant toi, homme noir, je t’aimais...

 

DOU

 

déserts perdus,

rêves secrets,

Des heures, des soupirs résonnent.

Vois tes mains, ton visage

Je sais aimer...

garder espoir.

Etre d'or, homme noir...

28/03/2006

JE NE VEUX PAS...

Je ne veux pas de votre amour...


c’est mon opinion et je ne vous permets pas de me cataloguer.  
S’il y a bien une chose que je pratique volontiers et sans détours c’est la remise en question.
Je pense vivre de manière positive et franchement, les leçons du passé ont fortement modifiés mes états d’esprits !
Mais cela reste personnel...et je n ai pas à m’en défendre !
Mais puisque vous me le demandez, je vous dirai...

Voyez-vous, je ne veux pas de votre amour... CAR...


Je cherche plus une relation où je peux continuer à me sculpter...
Où le dialogue me peaufine ...sans me griffer...
Où l’échange m’enrichit positivement…sans jugements irréversibles !
Où le partage ne se calcule pas, mais se vit simplement en confiance...
Où la relation porte l’être plus loin, au delà de sois parfois...aussi.
Où l’enrichissement est réciproque...sans domination !
Où l’amour peut grandir sans barrières, sans tabous, sans violences, sans insolences...sans punitions par le non dit ou le non fait !
Où le silence porte des réflexions et non des affirmations qui limitent !
Où les caresses incendies le corps et l’âme, sans brûler les désirs...
Où le présent respire, propose et incite des lendemains savoureux...
Où les faiblesses de l’autre ne sont pas des vérités exploitables...
Où l’autre est un complément direct ou indirect à ma vie...



Et faut il encore que je précise…tout cela sans cohabitation !
La vie s’occupe bien de moi et je m’occupe bien de ma vie...

 

Non, je ne veux pas de vous...

 

DOU

26/03/2006

J'AI ENVIE...

J’ai envie de tes bouts de phrases qui résonnent sur les tympans de mon corps, de ces partages de sensations qui nous ont permis de s’ouvrir et de s’apprécier au delà d’une distance physique et temporelle.

 

J’aime t’entendre au travers de ce câble téléphonique et savourer tes intonations, ta voix, ta transparence.

 

Tes vibrations sont pour moi un déclencheur puissant. J’ai envie de te voir, de te séduire.

Je veux te voir et te revoir, te sentir proche.

Je veux te lire et te toucher, je veux tes yeux sur moi, je veux ton cœur dans mes artères, ta liberté dans mon esprit, ta plénitude dans mes cellules, toi sur moi, ta vie en moi, tes pensées, tes transpirations profondes.

 

J’ai envie, envie, envie….

 

Envie d’une nuit partagée à simplement se prendre et se reprendre sans interrogations, à vivre dans l’instant d’une somnolence érotique où l’on sait que l’autre est disponible, présent et avide.

 

J’ai envie de faire l’amour avec toi sur la musique qui me transporte, qui rythme mes soirées, qui tourne une fois de plus dans mon lecteur et qui me rattache à toutes mes attentes, à tous mes délires.

 

Je voudrais te faire comprendre que mes débordements physiques sont intrinsèquement liés au mental. Sans le corps, nul esprit. Sans l’esprit, aucune profondeur. Tous les gestes qui s’échappent de moi sont issus de mon mental.

 

Ma bouche sur ton sexe, c’est avec mon cœur que je l’ai guidée.

 

DOU

 

24/03/2006

JE SUIS...

 

Mi femme, mi-enfant, je suis mutante…

Qui sur la grève d’une plage, aux lueurs d’un cirque oublié,

A trompé son enfance pour pousser plus avant les conquêtes.

Alors... j’ai crié de naître, j’ai hurlé si haut ce que d’autres pensent bas

ou ne pensent même pas.

J’ai joué une partie d’échecs où d’un tournement de tête, je n’étais plus la reine...

Mais seulement…sur l’échiquier de l’autre…un pion. Ce jeu dura 11 ans...

Et rien ne le distingue vraiment des vôtres.

La fin de la partie s’abat lorsqu’on s’y attend le moins, de préférence lorsqu ‘on sommeille...

...sur une musique glacée.

A relever la tête je me suis consacrée et de cet acharnement un idiome m’est resté :

A qui garde la tête basse, n’ai point l’envie à dresser le reste.

 

Comprenez-vous ??

 

DOU

 

22/03/2006

debauche du soir.....

Ce soir, j’ai envie de voyager...J’y suis déjà un peu avec Marc Knopfler qui me rentre dans la peau, qui fait vibrer mes cordes vocales, le centre du ventre, les pores dilatés et réceptifs.

J’ai débouché une bouteille de whisky, j’ai envie de me perdre...Je suis trop sérieuse, depuis trop longtemps. Je me suis trop perdue dans les conventions, les concessions, le non-dit, les apparences. Je n’ai plus rien à faire ce soir d’urgent. Demain, j’ai le temps de récupérer d’une soirée de pure folie.      

 

Je me saoule, je fume et l’air devient irrespirable comme dans une soirée glauque ou chacun se laisse aller à ses penchants les plus profonds. Je bois au goulot, j’ai pas envie de mélanger le whisky à l’eau. J’ai envie de sentir la puissance du malte piquant sur le bord des lèvres ultra sensibles. Ca coule dans la gorge et embrume mon esprit, ça grille le ventre et brûle mes phrases d’envies. Je bois de manière compulsive pour atteindre un état second et me freine en même temps pour faire durer le plaisir...le plaisir...

 

J’allume des bougies, au sental, pour disperser les vapeurs du joint que mon voisin m’a donné. Je m’habille de dim-up et de talons hauts, de sous vêtements noirs, simples, sans fioriture mais que tu aurais plaisir à me soutirer. D’une petite robe noire aussi qui serait facile à soulever, qui ne laissera pas de barrières entre nous, l impatience de nos deux corps en sera une bien plus difficile à franchir.

 

Oui, ce soir j’ai envie de me laisser allez car je sais qu’il me restera peu de temps par après à te consacrer en écriture et cela me fais du bien de m’échapper ainsi, en mots, de rester connectée à toi par mes phrases indécentes.

 

Lorsque je t’écris, j’ai l’impression d’être en toi, contre toi, l’ombre de ton coeur, nue et collée à tes sensations, à tes yeux et je souffle un air chaud et provocateur qui viendrait s’échouer dans ton cou. Je te plie, te froisse, te touche et ta bouche clandestine vient une fois encore aspirer le calva qui coule sur mon ventre et qui laisse sur tes lèvres un sucre que je partage dans des baisers langoureux. Je t’attire à moi et mes mains t’éloignent un moment pour plonger mieux et plus résolument en toi. Le bout de mes doigts sensuellement inspirés pénètre ta bouche ardente. J’ai envie d’y engouffrer des phrases et des mots, des sensations, des envies, des phantasmes.

 

Ce soir, je me perds entre mes jambes et seule, assise dans l’atelier de reliure, face à tous ces livres dénudes en attente d une seconde jeunesse, je ris au nez de ces écrivains merveilleux, je les mouche et me caresse d une main en déposant de l autre, sur un vélin de qualité, mes délires qui t’appartiennent.

 

Car ce soir encore, vois-tu, je te vis...

 

DOU

19/03/2006

MON BEL AMOUR...

 

Comment vous dire ce soir l’évidence pure, la transparence de ces sentiments si intimes et éviter de sombrer dans la banalité. Comment vous dire « je t’aime » sans ressembler à toutes celles qui vous l’ont déjà susurré… Alors oui, je vous dirai plutôt « j’aime » pour avoir l’impression d’être unique à votre attention…

 

J’aime vos mains rudes qui s’agrippent à mon visage, à mes hanches

J’aime l’épaisseur de votre encre qui m’écrit sans relâche...des mots si tendres

J’aime la sauvagerie de votre odeur qui fleure l’indépendance

J’aime la tonalité de votre voix lorsqu’elle me vouvoie

J’aime la cruauté de vos lèvres qui se refusent à moi

J’aime votre regard noir qui se perd dans le velours de ma tendresse

J’aime vos pensées si légères qu’un mot ne peut suffire à les satisfaire

J’aime vos envies débordantes d’envie de moi

J’aime votre corps, laissé en abandon au soin de mes mains

J’aime vos propositions qui méritent bien plus qu’un lendemain

 

Ce soir voyez-vous, des larmes de bonheur viennent signer cette lettre que j’ai tant de hâte à vous partager...

Je ne vous aime pas...j’aime...et c’est plus fort que moi...

 

DOU

 

16/03/2006

VOULOIR ETRE...

Etrange sentiment que de vouloir être, c’est une sensation que j’avais éludée de mes possibilités.

 

Et pourtant je sens encore cette envie qui frôle les parois de mon corps, qui me réveille la nuit, en sueur et qui me fait comprendre que je suis bel et bien cette femme qui fut, en d’autre temps, des vibrations.

 

Tout un mécanisme se remet en marche, se mobilise pour tendre vers des actions chaudes et lancinantes. Je me love dans les phrases, je m’abreuve de compliments, je dévore les impulsions. Je veux croire qu’il nous suffit d’être pour devenir.

 

Mais il faut laisser le temps au temps...la lenteur est la règle mais dans cet Etna, ce Stromboli en éruption de mots, tout me dit qu'il faut calmer ce feu du coeur qui me brûle, me dévaste et me consume. 

 

Mais comment dissocier corps et âme qui sont intriqués et en relation...finalement tout est relation et interdépendance ici bas, c'est sans doute l'une de mes croyances les plus ancrées avec celle de l'impermanence.

 

Je voudrais pouvoir éviter le grand frisson des histoires qui se terminent dans un sac poubelle en différents endroits du territoire. On peut aimer, ressentir, vibrer et ne pas vouloir laisser un peu de soi(e) au fond d'un lit et à fortiori dans une décharge, sauvage s’il en est.

 

Je ne peux exprimer que par écrit les sensations folles qui font battre ce sang emplis de particules d’oxygène et de liberté.

 

 Quels sont les mots qui m’ont fait reprendre surface ?  Sans doute les devenirs et les promesses, les restos lancés sur un coin du portable et les week-ends promis aux ballades et aux tendresses indécentes sur un bout d’épaule, au bout d’une main sensible.

 

 Dormir dans les même draps, en s’effleurant, en n’osant toucher l’autre que dans les rêves et s’éveiller dans ses bras. Porter alors à sa bouche la mienne et faire de nos envies un cataplasme en inspirant de lui tout ce dont je suis capable de prendre.

 

Je pense à toi

 

DOU

14/03/2006

COUP DE GUEULE....

 

Le monde est fou et je suis folle….

Le monde se crève et se dévide, se vide et se sature.

L’eau coule à flot dans nos mains et d’autres… sous nos cieux… se déshydratent.

 

On mange à se crever le ventre...

Et d’autres s’assèchent de trop d’absence.

On change et on échange... « e-bay » la terre des tris.

Et ceux-la qui troquent un grain de riz…

Espérant la pitance

D’un chien de banlieues

Qui se nourrit bien mieux aux poubelles des riches

Que tous ces enfants qui fument et sniffent

Des colles pour oublier leurs parents malheureux.

 

Et puis moi, folle, je vous aime sans mesure, sans concessions.

Je vous aime à crever à l'inverse de ces gens qui crèvent de n’avoir personne sur qui compter.

Ho oui, je vous aime car vous êtes ce soir...depuis tant de soirs...l’espoir de ma vie que je voudrais consacrer à tous ces gens miséreux qui manquent, comme j’ai manqué, de tant de nécessité.

Je vous aime pour la force que vous me donnez, pour la foi que vous mettez en moi, pour ces libertés que vous m’accordez à me donner aux autres.

Je vous aime de m’aimer et vous rends, par quelques mots bien désuets cet amour qui me fait avancer...

Merci d’être, tout simplement, celui auquel je pense...

 

DOU

 

13/03/2006

PENSEES INTERIEURES...

Ce soir, j’ai envie de t’écrire mieux que ce que je n'ai fait dans mes derniers messages où somme toute je ne parlais que du quotidien, de la routine. Bien sur, je donne mes impressions de la journée mais cela ne me suffit pas.

J’ai copié tous nos messages dans un nouveau fichier. Nous en sommes à 25 pages de correspondance en quatre jours à peine ! Tout est ici, sous mes yeux, sous mon regard qui cherche au travers des lignes, les lignes d’un corps. Cela me plait d’avoir déjà des souvenirs...

 

Subitement j'ai peur des mots, vont-ils me lâcher, me trahir, me faire sombrer dans la banalité ? Mais j'écris...Je ne peux m'en passer, c'est viscéral, encré en moi comme une demande de vie, de réalisation, de survie....mon corps, impossible à gérer ces derniers mois, se remet à vivre, à battre, à transpirer, espérer. Mon âme se réveille, je redécouvre la consistance d'une relation possible.

 

Mon âme...on y accède par gestes, par mots avoués, par souffles d'envie...avec lenteur et puissance, retenue et provocation...

Certains jours je ne suis que corps sans âme, vouée au désir de l'abandon, de la tentation. Bondir vers des appétits charnels qui font de la folie mon oxigène. Mon corps est en enfer...

Cetains jours, je ne suis qu'une âme...Mais il faut que le désir reste présent...Mon âme est au purgatoire !

 

Je t’inclus déjà dans le cercle fermé de mes relations. Mais tu ne fais partie de personne et c’est cela qui me plait. Te lire c’est un peu me noyer d’un regard dans un cercle concentrique qui me ramène sans cesse à toi. Tout me tente dans notre possible découverte, ne rien savoir de toi sauf ce lien ténu de nos messages. Je me sens comme les yeux bandés, aveugle de toi, attendant la prochaine bouchée pour découvrir une nouvelle facette de ta saveur, le goût de tes plaisirs, tout en craignant, à la fois, une fin prématurée comme un rêve jamais achevé.

Il me plait de te tenter, de t’emmener dans mon imaginaire afin de donner une substance à notre relation et qui sait...peut être incarner nos corps dans la magie d’un abandon.


Savoir que tu me découvres et savoir aussi que tout ce que je donne est livré à ton entière appréciation me donne l’impression de me stripteaser dans l’ombre de nos désirs.

J’ai besoin, plus qu’au travers de nos messages, d’imaginer le son de ta voix, la vibration de ton timbre, attendre un appel téléphonique qui t’éclairera sous un nouveau jour et puis se rencontrer se voir se toucher... Plaisir tactile porté par l’attente du moment, le frisson de la peur de décevoir, de ne pas plaire. Et pourtant déjà rêver la rencontre, l’endroit, les couleurs, la saveur. Etre ce que je suis sans compromis pour tenter tes sens et susciter ton envie.

Oui, je sais, ce soir je délire peut-être, j’envie, j’emporte dans mes mots des tentations enivrantes.

 

J’ai besoin de te rencontrer...J’en crève...J’en vis...

12/03/2006

Je souffle...

 

Je souffle... approche mes doigts sur le clavier... j'écris... parfois grand air ou brume profonde, je souffle encore, trop heureuse de distiller des nouvelles humides et fraîches comme l'herbe folle.

 

Les vaches sont parties des champs depuis quelques mois mais les poules du voisin continuent leur litanie, les chats se battent, les oies papotent. Les araignées tissent les toiles et les arbres bourgeonnent...l’odeur de la terre n’a pas fini de raconter des histoires...

 

Je vis...dans cette campagne que je ne pourrais plus quitter. J'aime les matins frais, parfois gelés...qui pénètrent les draps doucement et qui lèvent le coq du voisin pour nous rappeler qu’il est bientôt 6h du matin !!

 

J’aime les fenêtres ouvertes qui font pénétrer les chants du vent, j’aime la couleur du soleil, le soir, qui tapisse mes murs d’une ambiance feutrée…. J’ai tellement de musiques aussi qui vibrent mes souvenirs…Et puis, le poêle à bois s'en vient réchauffer les draps...depuis de nombreux jours... Noël est déjà si loin il me semble….

 

Et puis quand même, j ai reçu des fleurs de camomille, des pivoines et une marguerite qui me font dire qu’on est déjà presque aux portes du printemps...

 

Je ne pense plus à vous....

Sauf peut-être maintenant.

Je vous écris un billet doux

Qui voguera doucement...

Sur votre âme, dans votre chair.

Vous souvenez-vous de moi ?

De la chaleur de nos ébats ?

Non bien sur...je ne fus que chimère...

 

Je ne veux pas les tenter, je n’en veux rien savoir, je ne veux rien savoir de demain, ce soir, je pense un peu à vous et c’est bien assez...

 

DOU

09/03/2006

 faire mieux....

 

3 H -Etrange sentiment que celui d’avoir volé un moment sur le temps. Quelle sublime émotion que de voir sur moi ton regard envieux. Plaisir aussi de me trouver, au détour d’un vin fruité, face à un homme qui se raconte, qui raconte parfois les mots que j’ai au bord des lèvres. Lèvres que j’aurais voulu balader sur ton corps, subtilement, loin dans les sensations. Mention : bien mais fera mieux !

 

Je ne m’attendais pas à cette envie de ta part et prise de court, j’ai freiné, ralenti, espacé les contacts mais je me suis laissé pourtant porter par ce goût prodigieux qui me pousse au plaisir. J’ai le sentiment cependant qu’il faut parfois travailler la lenteur pour plus de profondeur. Décupler le désir et provoquer l’attente, à moins que ce ne soit l’inverse…

 

Je suis en manque de rapprochement physique, mon corps réclame des attentions, que mon mari n’est plus en mesure de me donner. Je suis en manque de dialogue, d’échange, pouvoir me livrer sans retenue et ne pas être jugée, ni comprise, seulement écoutée. Parler, pleurer, tracer sur ton corps des mots inaudibles du bout des seins, des yeux, du souffle…J’ai tellement de mal à me libérer de la douleur et j’accède pourtant si rapidement à l’extase que cela provoque en moi une dualité bien difficile à gérer.

 

Ecrire en cet instant c’est donner aux moments que nous avons eu la chance de vivre une fluorescence qui souligne tellement bien les sensations que j’ai vécues. Laisse-moi je t’en prie la possibilité de t’écrire encore et encore pour que je puisse renaître et exploser. Plus que les mots qui sont dit, prends en compte, les phrases qui sur le papier sont le fruit de tes gestes. Ta main sur ma bouche pour m’empêcher de crier…et l’autre entre mes jambes qui ne me donne pas d’autre alternative que de retentir, de vibrer, ont eu raison de ma force. Nous aurions pu…mais cela aurait été… alors que maintenant, ce sera…

 

Je ne veux pas te faire peur, je ne demande rien, j’offre ma présence. C’est un cri, un appel à plus de plaisir encore… Une ode aussi à la masculinité tant décriée par les femmes ces dernier temps. . L’homme regarde et la femme entend…Et bien regarde, touche, tourne-moi, demande et j’accomplirai. J’écouterai les frôlements de nos deux corps, les cris qui nous exhortent à plus de plaisir encore, les phrases, les mots qui naîtront de nos bouches unies. Fais-moi jouir…et cette jouissance engendrera des torrents de phrases.

 

Recommencer une fois encore, investir un porche, se jouer du temps, des passants, t’offrir un hôtel et te montrer, t’apprendre les gestes qui feront de moi ce que je ne suis plus…une femme…au sens abouti du terme.

 

Prends-moi…….

 

DOU

 

Emotion au détour d' un homme qui raconte subtilement cette envie

Les contacts qui poussent la profondeur

Décupler le rapprochement physique

Attention, échange sans retenue des mots tellement rapide à gérer

Donner une fluoresence pour renaitre les mots

Ta main, mes jambes, me donnent ma force

Maintenant, je ne demande rien...

Derniers temps de nos deux corps unis...

Fais-moi jouer...

T'apprendre ce que je suis.....une femme...

06/03/2006

 Demain....

Voici une lettre que j ai ecrite fin juin 2004 a un ami lorsque, apres la separation d avec mon mari, aout 2003, je demenageais pour la troisieme fois en 10 mois avec les enfants…vers la maison que je venais d acheter mais a renover…

Post specialement pour toi, AngelFire…sur base de ton texte : 

Les jours heureux :

 Je sais, personne n’a besoin de m’expliquer
Qu’une page ancienne est entrain de tourner.

 

 

 

Salut Mitch,

 

Solide coup de blues ce matin. Ma belle-sœur n’est pas là, ni mon frère. J’avais tellement envie de partager mes larmes avec quelqu’un de proche ce matin. Je n’arrête pas de pleurer, c’est infernal.

 

A 8h 20, les enfants et moi-même avons pris pour la dernière fois ensemble le « chemin des lapins » qui mène à l’école de Rebecq. J’ai roulé lentement, pour profiter du paysage, pour m’en imprégner et le garder en moi longtemps encore. Nous avons vu un faisan traverser la route et piquer du nez dans le champ d’orge qui pousse lentement. Il a soulevé un troupeau de corneilles qui grappillaient à loisir des graines non écloses. Nous sommes passé à côté du vieux gibet mais n’avons toujours pas vu de pendu. Pourtant, il y a de la mandragore qui pousse en dessous de la corde ! Pas de lapin non plus, mais le clocher de l’église qui pointe, toujours fier, au travers de la brume. Les chats de la ferme et le vieux cheval donnaient l’impression de nous attendre pour nous dire au revoir. Et puis nous sommes passé sur les rails du « petit train du bonheur » une dernière fois et les enfants, en chœur, ont inondé la voiture du tchoutchouuuu quotidien.

 

C’était une étape à franchir mais je ne pensais pas que cela me ferait tant de mal. En 10 mois, tu as le temps de t’habituer à ces petites choses somme toute insignifiantes mais qui font que ta journée commence bien.

 

Et puis, il y a les professeurs qui ont soutenu les enfants dans cette épreuve et qui sont adorables. Qui m’ont soutenue aussi lorsqu’ils sentaient que les larmes des enfants, au début, me faisaient tant souffrir. Vous êtes courageuse, on vous admire, vos enfants sont tellement bien élevés et tellement gentils. Comme je me suis battue intérieurement, Mitch, pour ne jamais leur montrer mon désarroi, mes peurs, quelle lutte, mais quelle récompense aussi de les voir épanouis dans cette campagne que j’ai énormément de peine à quitter.

 

C’est la troisième fois, en 10 mois que je quitte des lieux qui m’ont touché. Vilvoorde en août, la maison de mon frère en décembre et maintenant, juin, la petite maison en haut de la colline. Je sais, j’ai à chaque fois décidé de partir, mais à chaque fois, c’est la même douleur qui sert les entrailles et me rempli de peur quand à l’avenir. A chaque fois, il faut faire le deuil d’un endroit de vie, les valises et c’est pas évident. Car dans chacun de ces endroits, j’y ai des souvenirs, des moments de bonheur qu’il me plait de garder.

 

Et maintenant, il y aura quatre mois chez Gaetane, mon amie de Villers la Ville, et je suis certaine que cela va me plaire mais il faudra à nouveau quitter ce lieu, une fois encore, une déchirure. Pour un mieux, je sais, je sais tout cela, il ne faut pas me le répéter, je ne suis pas idiote. Mais cela ne change rien à la douleur. Je ne suis pas du style à laisser tomber les bras, mais je suis sensible et fragile et lorsque je me sens bien quelque part, j’ai pas envie de partir.

 

Je pourrais prendre tout cela comme un voyage, mais de celui-ci, je ne reviendrai pas à la case départ et j’ai l’impression, à chaque fois de perdre tous mes repères. Sans doute que dans 6 mois je rigolerai de cette lettre, mais je ne pense pas. C’est important aussi de garder tous ces sentiments qui font que je vibre, que je suis moi, sans concessions. Me dire que j’ai en moi des expériences qui me grandissent, qui me font avancer, me poussent vers l’avant, vers le mieux que je suis seule à orienter. J’ai l’impression d’aller vers le sud, tout en étant obligée de passer par le nord. La route est longue et sinueuse mais elle est tracée par tout plein de petits enchantements et d’émerveillements qui me ravissent. Par des peines aussi, que je surmonte tant bien que mal.

 

Je suis loin, Mitch, de cette soirée de lundi où j’avais, comme je l’ai dit, envie de me perdre, d’occulter l’avenir, les épreuves à venir. J’y ai puisé un peu de folie, par lâcheté sans doute, par peur. J’avais envie d’être avec toi une fois encore et te livrer un texte qui finalement, n’est pas vraiment abouti, mais que j’aurai sans doute plaisir à terminer un jour.

 

Je te laisse ici car je dois continuer les caisses, faire les valises des enfants, rassembler les jeux pour les quatre mois à venir, téléphoner au garde-meuble, à la banque (je n’ai toujours pas mon emprunt !!), déconnecter mon ordinateur sinon je continuerais à t’écrire encore et encore mais je n’en ai plus le temps.

 

Je t’embrasse...tendrement...fort.

Cela me fais du bien de t’écrire, de savoir que je serai entendue, lue, et peut-être comprise...

 

Bisous

 

DOU

03/03/2006

La force de vivre...

 

 « C’est un de mes plaisirs physiques que je ne me refuse jamais lorsque je suis à la campagne et que je squatte la maison de mon frère en été. Je passe dans les champs de blés (orges ou avoines c’est encore plus doux !) au risque de me faire manger par le dogue allemand du fermier, et j’étends mes bras pour que la paume des mains touche à peine le dessus des épis. Cela chatouille. Aux oreilles, c’est bruissant, puissant et le goût des grains reste longtemps en bouche ».

 

Je ne pensais pas en écrivant ce texte qu’un jour je me retrouverais au milieu de ces champs, à vivre…pour longtemps.

 

Ce soir, ceux-ci sont dénudés de tout épis mais blanchis de neige et la luminosité qui pénètre la maison me fait comprendre que j’ai pris le bon chemin.

 

Tu ne peux imaginer le plaisir que nous avons, les enfants et moi à découvrir les ciels. Tantôt bleus-gris, rouges-oranges, rosés ou plombés mais toujours vivants. Ouvrir les rideaux devient le privilège du premier levé.

 

Ouvrir la porte le matin devient le défi du premier habillé. C’est la brise ou la tempête, le calme ou la fraîcheur mais toujours une sensation enivrante d’être en vie et de redécouvrir les senteurs d’une exposition plein sud en haut de la colline.

 

J’ai repris de ma vie à Vilvoorde les trois chats, et le plus vieux d’entre eux se prélasse sur le dossier du fauteuil en cuir beige. Ses pattes pendent de chaque côté de celui-ci dans une totale décontraction.

 

C’est un peu la sensation que je vis lorsque je me couche dans mon lit le soir et que j’entends au travers des interstices du gyproc le vent entamer son chant plaintif et lancinant qui me prend tel un somnifère.

 

De ma vie à Vilvoorde, je n’ai repris que les chats et le besoin d’écrire. Les amours vécues sont des souvenirs, des sensations oubliées, des moments inachevés car inaboutis.

 

Certains regrets parfois m’anéantissent et dispersent mon énergie mais je repense à la douleur vécue et je n’ai d’autre plaisir alors que de mesurer la force dont j’ai été capable pour quitter cette peine.

 

Quelle puissance de survie nous faut-il donc pour ainsi tout abandonner et recommencer ailleurs, seul, mais mieux. L’instinct de survie animal, la vigueur de la vie...la certitude que tout, tout reste à vivre…

 

Je t’attends…

 

DOU

02/03/2006

Je veux vivre...

 

Je ne suis pas tel un Haïku aux phrases courtes et calculées. Tout déborde dans mon empire de la passion et des sens sous-titré. J’aime mes petites musiques intérieures que je compose le soir sur le papier. Elles arrivent à exprimer fort et haut ce qui se tait trop souvent : l’intime et le profond. J’aime les messages que je te partage et les guillemets envoûtants qui témoignent d’une plume folle sous laquelle sommeille une énergie du cœur en excès, un maître du cœur qui bat la chamade.

 

Je me livre à toi, ivre d’être lue, entendue...

 

Mais toi, toi...tu parcimonises, tu joues les apothicaires, pharmacien au compte-gouttes, à la poudre millimétrée qui se dissout dans trop de vide.

Valériane ou arsenic, digitaline, celles-la, tu les répands volontiers sur mon cœur.

Mais les autres, toutes les autres poudres qui sont d’or, d’étoiles ou de lunes, les talcs de douceur, les poussières de tendresse dont je te cendre le corps, qu’en fais-tu ???

Ton souffle les dilapide dans nos draps glacés, tu les brosses, les gommes, les laves au sel de mes larmes...

Tu es seul, te replie, la tête est basse et lourde de tes passés qui n’en finissent plus de nous désagréger.

Alors va t’en, pars et emmènes avec toi tes bouteilles de désespoirs dans lesquelles tu t’enfonces.

Ho oui, pars, car vois-tu, si toi tu ne veux rien...moi...Je veux VIVRE...

 

DOU

 

27/02/2006

Entre ange et démon...

 

Je suis, inlassablement...
Amante éphémère qui étrangement surveille sa boîte aux lettres,
1000 x par jour...

Nous vous rappelons que vous devez honorer la promesse faite, elle attend impatiemment la suite de vos écrits, constituant la source de son énergie.

Danger Imminent.
Attention la moindre ligne de fuite peut tout faire exploser.
Audace. S’offrir ainsi chacun - aventure étrange – ton corps délice, ta bouche volupté, connecté à moi dans un espace émotion.

Agencement de deux corps sensibles aux cordes ultra réceptives.
Capture et contre capture... de chacun de tes mouvements...
Appel aux mots, mots mordants pour évoquer une aventure insoupçonnée.
Intensités.  
L'odeur de tes mots, et de ton corps.  
Ta peau.
Tes peurs, aussi.
Plaire et déplaire, la peur au ventre.
Peur de toutes les possibilités...

Rituels pour la paix - nous ne sommes pas ennemis, mais amis - même si les interrogations nous déchirent, elles ne doivent pas briser ce qui nous lie. Les cordes sensibles de la mémoire vibreront à nouveau à l'appel de ce qu'il y a de meilleur en nous.


Construction de moments autonomes, de silences
L’écriture, espace de fiction, est on ne peut plus réelle…
Rendez-vous au gré des combinaisons possibles,
je m'offre à toi, encore, en enfer ou au paradis...

Une heure ou deux, sans paroles, les yeux fermés, âme et corps à ta pleine disposition. Quel délice, alors, d'abuser...

Me soumettre à tous les caprices de l’amour.

Diable, il me faudra un fameux purgatoire pour expier mes fautes...

J'aurai besoin d'une cérémonie religieuse pour apaiser la colère céleste.

 

Je crains que l'enfer n'ait un prix...
Serait-ce le diable qui fixe les émoluments... et qui impose la dîme. Mais la dîme, c'était l'Eglise qui la prélevait.... Le Diable restera donc un ange déchu.
Déroutant tout cela.

 

Ecris moi, je respire quand je te lis, je m’échappe lorsque tu manques...

DOU

 

25/02/2006

Tout.....

Tout, tout est vécu….

Tu m’as tout donné…

Tes bras, tes baisers, ton corps et tes soupirs….tes pensées profondes…

Demain, je n’ai pas peur, demain tu ne manqueras pas…car je sais que tu es là….même à Cuba !

Quelle nuit !!!!

Bonheur de pouvoir ainsi dormir dans ta chair, tes esprits et emmêler nos caprices.

8h 30… déjà… trop vite, non, je ne veux pas qu’il soit si tôt, si tard…Pourquoi ai-je dormis ??

Alors je me replonge en toi, je réveille ton corps magnifiquement détendu et je danse encore sur tes seins, ta bouche…

Je respire tes mots, je bois tes regards, je mange tes mains et me nourris à la douceur de ton sexe…

8 h 30…déjà…C’est trop tôt …nous n’avons pas mangé tous les fruits, la bouteille de whisky n’est pas vide et il y a encore de l’herbe à fumer…

J’ouvre la porte, il fait beau et chaud…Je ressens, je te ressens derrière moi, à mes côtés et je te vois partir déjà vers tes projets. Tes mains-baisers écrivent d’autres textes et je te rejoins à Paris pour une nuit-hotel volée sur les autres… J’ouvre la porte et il fait beau et froid. Un froid que j’intègre, que j’absorbe. Froid, comme le manque que j’aurai de toi, étonnant et impatient. Deux ans, deux ans d’absence de toi et au total, deux jours…Alors demain, viens...Dans deux ans ou demain...viens…

 

Je te garderai toujours…

 

DOU

24/02/2006

Mon amour...

Mon amour,

 

Voici une lettre qu’il me faut absolument t’écrire car je continue ma vie sans toi, mais je ne veux pas la poursuivre sans te quitter. Je ne veux pas continuer à porter en moi tous ces sentiments qui te reviennent et que je me refuse à taire.

 

Mon amour. Ainsi je veux t’appeler, bien que ce soit la première fois, car c’est exactement ce que tu as représenté pour moi durant 12 ans. Seule personne à laquelle j’ai pu dire ce «je t’aime » que j’ai eu plaisir à répéter sans cesses, tous les soirs, sans que jamais je ne mente une seule fois. Bien sur, les soirs d’orages il a manqué, mais au matin pluvieux, après la nuit, il me tardait tant de pouvoir te le redire à nouveau.

 

Au travers de cette lettre, tu vas me découvrir comme jamais tu ne m’as vue. Tu sais que j’aime écrire mais jamais je n’ai été aussi avide qu’en ce moment. Jamais tu n’as eu l’occasion de lire même des bouts de textes issus de moi. C’est pourquoi le style t’en paraîtra sans doute étrange, éloigné de celle que tu as connu.

 

Depuis ce vendredi ou je t’ai demandé de ne plus venir chez moi et d’asseoir notre séparation de manière définitive, je retrouve les mots qui se bloquaient au fond de moi. Je me sens libre enfin de pouvoir m’exprimer car tu n’es plus derrière moi mais à côté. Je n’ai plus peur de tes jalousies car elles n’ont plus de raison d’être et je me donne ainsi tout le loisir de passer des nuits blanches afin d’exploiter au maximum mes possibilités.

 

J’écris des lettres. D’amour entre autre car c’est la pulsion de ma vie. De noblesse car elles sont écrites avec le cœur. Erotiques et parfois pornographiques car elles sont issues de mon corps. Des lettres qui un jour seront partagées car je veux pouvoir donner aux gens la possibilité de les exploiter pour leur propre histoire d’amour.

 

Tout ces mots que tu n’as jamais dit, qui n’ont jamais su sortir car tu ne savais pas comment exprimer tes sentiments seront alors à ta disposition pour ta future histoire d’amour. Tu pourras les dire ou les écrire, les utiliser à ta guise car ce sont des mots universels et des sentiments nobles qui nous habitent mais que nous ignorons parfois. Je m’étonne moi-même de leur puissance et de ma capacité à les livrer si spontanément. Tout cela coule de moi comme une rivière charriée par des vents déchaînant. 

 

Mais les sentiments que je veux t’exprimer ici sont bien plus personnels. C’est de notre histoire qu’il s’agit et je voulais m’excuser. M’excuser pour tout le mal que j’ai pu te faire et te fais encore car je sais que la vie pour toi maintenant n’est pas facile.

 

M’excuser de n’avoir pas été moi totalement car j’étais follement amoureuse de toi et ne voulais pas te perdre. J’ai caché des sentiments, des élans, des passions car tu étais jaloux de tout ce qui me faisait vibrer hors toi.

 

Oui, très certainement, c’est moi qui ai faussé la relation de notre couple. Et je me suis oubliée petit à petit en savourant tous ces moments de tendresse que nous avons partagé.

Je me suis donnée corps et âme dans notre intimité sans me douter un seul instant que les moments de détresses étaient dû au manque que j’avais de moi. Je voulais croire qu’il ne me suffisait que toi pour être heureuse et me suis trompée lourdement. Toute une dimension de mon être était en jachère mais je la retrouve peu à peu.

En fait, notre couple n’aurait jamais dû exister car nous sommes trop différents l’un de l’autre. De cela je prends conscience et m’en inspire pour le futur.

 

Mais je voulais aussi te remercier. Merci pour tout ce que j’ai pu prendre de bon en toi. Pour tout ce que tu as été capable de donner et pour nos deux enfants qui font notre fierté. Merci aussi de ta présence qui m’a fait évoluer car sans toi, je ne serais pas celle que je suis. Toutes ces années n’ont pas été vaines.

 

Les cinq derniers mois passés ont été très lourds à porter car notre relation ne savait plus quel chemin prendre. J’ai pris l’initiative de notre séparation car il nous faut maintenant chacun travailler au bonheur qui nous est dû. Je voudrais tellement que tu trouves enfin une femme en laquelle tu puisses avoir toute confiance et qui te rende l’amour que tu es capable de donner.

 

De cette lettre de rupture je veux faire une lettre d’amour pour que tu saches quelle place tu tiens dans ma vie. Comment renier tous ces sentiments qui me lient à toi pour l’éternité. De notre amour passé je voudrais faire une amitié pour te garder encore près de moi, pour ne pas perdre tout ce que nous nous sommes donné.

 

Je t’aime

 

Ton cœur.

 

23/02/2006

Je me manque.....

 

8 ans où j’ai cru à l’amour. Je l’ai traqué, contraint, forgé.  8 ans de vie commune où les défaites et les victoires se sont entrechoquées en laissant à la traîne un goût amer de temps perdu. Je me suis endormie dans une relation indéfinie où je me suis oubliée. Mais que suis-je devenue pour l’amour de cet homme, pour tous ces « je t’aime » absolus, livrés tous les soirs sans que jamais je ne me lasse ? 

 

Pourquoi avoir ainsi gommé mes passions, mes amis, ma personnalité profonde afin de ne pas le perdre ? Et le perdre pourtant car l’on ne peut mentir indéfiniment. A soi-même, aux autres, à la vie, à nos envies profondes qui nous régissent.

 

Où sont ses mains qui me portaient, me rendaient belle, me tiraient à lui ? Ses regards éblouis se sont éteints, et ils passent maintenant au travers de moi sans arriver à croiser ma détresse.

Où est son corps qui réclamait sans cesse le mien ?

 

Cet éden abandonné dans mes rêves m’a fait mille fois transpirer mes larmes dans la profondeur de notre lit, dans la solitude de mes secrets. Sentir ce vide qui oppresse le cœur, qui torture le ventre, qui est la preuve de notre échec, de notre inconscience.

 

J’ai dénaturé mon corps dans ses bras trop virils qui annihilent la tendresse au profit d’un plaisir trop court et rarement partagé. Je n’ai pu lui faire comprendre les mots qui portaient mes sentiments.

J’ai cru aller au bout de mes limites, toujours plus loin, toujours plus fort et ne les atteindre que parce qu’elles étaient fixées trop bas.

 

Nous passons des heures à regretter les mots et les comportements imprudents plutôt que de les comprendre. Nous pensons dans nos gestes des mots inaudibles qui resteront pour toujours des mots d’amour perdus. Et seuls, le soir, devant le miroir, nous rejouons la scène en modifiant les regards, en remodelant le dialogue et nous nous endormons en pensant que tout a été dit.

 

J’ai vécus d’incertitudes, et ce fut frustrant. J’ai vécu d’espoirs mais ce sont justement les espoirs vains qui débilitent le cœur.

8 ans d’absence littéraire. La main ne sait plus trop bien diriger la plume mais le cœur me pousse pourtant. Parler de moi, c’est peu. Parler des sensations est déjà plus acceptable. Parler d’expérience est plus captivant. Je n’arrive pas à canaliser mes pensées, mes envies et je voudrais pourtant que le texte soit lisible, harmonieux, agréable à la lecture et plaisant aux sentiments.

 

Je n’ai plus la force de lutter contre moi, pour nous. Je veux revenir à moi, à mes amours oubliées, mes musiques, mes lectures, mes écrits, mes besoins de solitude et de partage aussi. Toutes ces choses dont tu étais jaloux, je vais les retrouver. Dans les bras d’un autre homme qui me portera à ta place, qui me débauchera à nouveau sur le monde, sur moi. Dans les bras de plusieurs s’il le faut, pour récupérer ma confiance.

 

Je le ferai en silence, en mentant pour ne point te blesser, pour ne pas te voir souffrir mais je veux, je veux... me retrouver...Je me manque...tellement...et je hurlerai...

 

DOU

 

Je devrais être heureuse....

J’ai 36 ans. J’ai deux enfants, je suis mariée depuis 8 ans !

 

 Quoi de plus normal, de plus banal, de respectable et d’enviable. Nous avons rénové une maison, elle est superbe car mon âme y vit et mon âme est harmonie et ambiance. Les couleurs sont chaudes, dans les tons jaune et ocre, le sol est en bois, les lumières tamisées…. et des bougies viennent régulièrement agrémenter le quotidien d’une touche personnelle qui n’appartient qu’à moi. Des plantes disposées ici et là témoignent d’un constant besoin de vivre parmi la vie. Nos enfants sont le fruit d’une éducation intense et contrôlée, d’un dialogue de plus en plus présent, d’une confiance mutuelle, d’une responsabilité partagée. Ils sont beaux, je les aime, je devrais être heureuse…

 

Il est deux heures du matin mais comme aujourd’hui nous changeons l’heure, en un instant je gagne à vivre car il n’est plus qu’une heure ! La pluie doucement se met à tomber sur la coupole qui surplombe la salle à manger, comme pour me rappeler que si je gagne en temps, je perds en soleil ! L’automne me rapproche des tendres soirées d’hiver partagées au coin du feu, l’automne m’éloigne des douces soirées d’été passés sur le banc de la cour à la chaleur d’un barbecue presque éteint. Je devrais être heureuse….

 

Il est une heure du matin, le chat miaule en rentrant d’une promenade nocturne et ma main flatte doucement son dos pour le rassurer, pour le consoler d’une humidité tellement impromptue et décevante. Seuls les poissons de l’étang, logé dans un coin de la cour, peuvent se targuer d’apprécier ce changement de climat. La pluie leur apporte un peu d’oxygène, un peu de mouvement entre les plantes envahissantes disposées à la surface de l’eau. Les enfants dorment paisiblement et mon mari doit aussi se reposer dans les draps frais que j’ai changés ce soir. Je devrais être heureuse….

 

Mais ce soir j’ai 36 ans et j’analyse le parcours de ma vie, de mes envies, de mes réalisations et je me rends compte que je suis malheureuse…

Je tourne.....

Je tourne en rond, je ne sais plus calmer mon cœur, il s’est pris au jeu de la séduction, il attend avec une folle impatience.

 

 J’ai du travail mais je sais que je ne peux détourner mes pensées, ne fut-ce qu’un instant de cette troublante extase. Je relis ses mots, ces paroles bues à un nom sans visage.  J’ai tellement d’attentes. Je sais qu’il faut que je travaille la lenteur, que je retienne la profondeur des mots, que je me dise que je retrouverai les sentiments qui de mon âme se sont échappés.

 

Déjà mon corps est soumis à d’étranges désordres, à de frondeuses envies, à d’inavouables enlisements. Un instant d’ensablement sur une mer d’encre, une fable d’eau profonde, un livre ténébreux….

 

La profondeur des mots partagés au gré d’un fantasme délirant. Et les maux qui sur mon corps un jour ont pesés bien trop lourd. Amalgamer ces sentiments et déclancher dans le bas ventre une puissance insoupçonnée.

 

Rêver de deux mains tendres qui enserrent mon visage et des lèvres qui se rapprochent lentement. Sentir d’abord le souffle, s’éloigner, revenir et se toucher enfin du bout de l’émotion, avec les yeux. La bouche offerte et entrouverte ne se permet plus un seul mot, elle donne au tranchant du silence toute la force d’une émotion.

 

Mon coeur attend ces paroles que je retiendrai

Je retrouverai d'étranges enlisements

Une fable d'eau sur mon corps

Peser la puissance

Enserrer des lèvres...lentement

La bouche se permet un mot : EMOTION

 

22/02/2006

Nous sommes.....

 

Je vis...il fait beau...d'ailleurs quand on aime il fait toujours beau !
Même très beau, presque chaud, trop chaud, trop beau... mais le trop est notre état…à nous…
J’aime, non pas avec plus d’amour, ni même de joie, j'aime tout court…sans mots, sans peines, sans lois, juste toi...unique, entier, sans aucuns détours de nous.
Je me sculpte à tes pensées, tu te peaufines à mes caresses...nous nous créons de nos mains, de nos envies, de nos corps...qui ne demandent qu’à s’aimer…s’abandonner l’un à autre.


Ca brûle, j'en flambe, de tes mains qui caressent nos désirs...Tu es braise de plaisir, flamme de nos chairs, de nos sangs qui se mêlent, de nos espoirs qui respirent...Le feu prend l’âme, l’être, l’espace, notre univers...
Tu es l’essence pure de nos sens... l’huile noble de nos besoins…
Fertile terre ou je plonge mes mains…ma tête et mon corps...je t'appartiens, juste de nous vivre...   
Nous en sommes là du bonheur qui nous mange le coeur...
Je respire, tu m expires...
Je me nourris de tes joies...j’absorbe tes pleures, je les fais miennes.
Ta souffrance me gifle...je deviens toi et te ressens profondément.
Je m évapore dans ton corps, tu te distilles dans mon être.
Tu me colles, envie de désirs…mordre ta peau, ta vie... en moi…
Tu ne me quittes plus...j en crève, j en vis... j en suis là de toi...
Une heure loin de toi, c'est un siècle d'absence de nous...

Ton amour, meilleur que l’opium, parfume notre temps...
Je m’enlise dans tes lèvres, accrochées à mes yeux qui ne se ferment plus...

On se sert, on se sert encore et encore…pour toujours de cette éternelle fusion dérision...
Nous ne faisons plus qu’un.....

Pas de question ni de peur, je me repose à la musique de tes yeux qui me parcourent comme un opéra.

Nous sommes...et c’est parfait comme ça...